15.05.2021

Pas de développement durable sans l’aide de l’économie

Un projet sur le cacao en Indonésie, auquel participent des entreprises telles que Nestlé, Mars, Mondelez ou Barry Callebaut, montre l’importance du rôle de l’économie.

Cette semaine, la fondation Swisscontact a publié son rapport annuel. En tant qu’une des principales organisations de coopération au développement, elle met en œuvre de nombreux projets dans le monde entier pour le compte de l’Allemagne et avec de nombreux partenaires du secteur privé et dispose d’un budget annuel d’environ 100 millions de francs.

La Fondation est peu connue du public. C’est surprenant, d’autant plus que l’année dernière, le rôle des entreprises suisses dans les pays en développement a fait l’objet d’un débat presque inlassable. On n’a presque jamais parlé de Swisscontact.

Environ 80 pour cent des fonds de la Fondation proviennent de Suisse et de l’étranger. Environ 20 % des donateurs privés apportent leur contribution sous forme de dons ou de contributions à des projets.

Chez Swisscontact, des entreprises comme Geberit ou Swiss Re s’engagent

Trente-six partenaires privés sont mentionnés, parmi lesquels des groupes suisses tels que Nestlé, Geberit, Novartis et Roche, des institutions financières telles que Swiss Re ou Credit Suisse, ainsi que de nombreuses autres entreprises qui participent directement ou avec leurs fondations à des projets.

En 2020, après 11 ans et avec un budget de 60 millions de dollars, un projet de grande envergure visant à renforcer l’industrie du cacao en Indonésie a été achevé. Sous l’égide du Secrétariat d’Etat à l’Economie (Seco), les plus grandes entreprises mondiales du secteur du cacao ont été recrutées comme partenaires, notamment Nestlé, Mars, Mondelez International ou Barry Callebaut.

Mais les producteurs indonésiens traditionnels et nouveaux de cacao et de chocolat ont également été directement impliqués. L’objectif du projet était d’augmenter les revenus des cultivateurs de cacao de 75 % et de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur de 30 %.

Pendant toute la durée du projet, 165 000 cultivateurs de cacao ont été formés dans 57 districts de 10 provinces. Les formations ont porté sur la gestion des exploitations et les pratiques financières, la gestion des exploitations agricoles et la gestion des récoltes, les pratiques environnementales et la certification, ainsi que les pratiques alimentaires. Selon le programme, entre 18 et 68% des femmes y ont participé.

En outre, une base de données a été créée pour suivre et certifier la production durable. Plus de 100 000 cultivateurs de cacao ont déjà été certifiés par un tiers. La productivité agricole a augmenté d’environ 20%.

Rendement supplémentaire pour les agriculteurs

Les agriculteurs formés ont pu augmenter leurs revenus de 22,2 millions de dollars par an. Cela a permis de réduire de moitié le nombre de cultivateurs de cacao vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Même si l’on pouvait espérer un résultat encore meilleur sur cette dernière donnée, le projet aurait, comme l’écrivent les auteurs, considérablement modifié le secteur du cacao en Indonésie. Il n’est pas surprenant non plus que le projet ait permis d’aborder directement 11 des 17 objectifs de développement durable de l’ONU.

Le projet est un exemple frappant de la contribution et de la capacité du secteur privé au développement durable dans les pays en développement et les pays émergents. Il s’agit d’un message important dans la perspective de la nouvelle stratégie de la Fédération pour la coopération internationale 2021-2024.

En effet, ils se concentrent non seulement sur la réduction des causes de la fuite et de la migration, la promotion de l’État de droit, l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets, mais aussi et surtout sur le développement économique.

C’est grâce à une croissance économique soutenue, à l’ouverture de nouveaux marchés et à la création d’emplois décents que la coopération suisse au développement espère contribuer le plus à la lutte contre la pauvreté et au développement durable.

La nouvelle stratégie a été élaborée sous le conseiller fédéral Ignazio Cassis. Sa mise en œuvre est confiée à la nouvelle directrice de la déza, Patricia Danzi. Tous deux sont convaincus que les objectifs mondiaux de développement durable de l’ONU ne peuvent être atteints sans la participation de l’industrie.

Leur innovation, leur expertise, leurs possibilités d’investissement et leurs canaux de distribution sont essentiels à la réussite du développement. Grâce à un guide et à un manuel, ils ont clarifié l’engagement du secteur privé, afin que les deux parties sachent comment elles peuvent contribuer et ce qu’elles peuvent attendre l’une de l’autre.

Il faut espérer que cette coopération portera encore ses fruits et, surtout, qu’elle permettra d’élargir un peu l’attention portée aux performances des entreprises de ces pays.